10 janvier 2017

Les trois cribles

Socrate, ses deux épouses et Alcibiade par Reyer Jacobsz van Blommendael , 17ème siècle  


Platon raconte que quelqu'un vint un jour trouver le grand philosophe athénien Socrate (470-399 a.c.) pour lui dire: 
 — Sais-tu ce que je viens d’apprendre au sujet de ton ami ?
 — Un instant, répondit Socrate; avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, prenons le temps de les filtrer au moyen de "trois cribles". As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ? 
 — Non, j’en ai seulement entendu parler. 
 — Donc tu ignores si c’est vrai. Essayons le deuxième crible, celui de la bonté. Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami est-il bon 
— Ah non ! au contraire.
 — Donc continua Socrate, tu veux dire du mal de mon ami sans même savoir avec certitude si cela est vrai. Il reste le troisième crible: ce que tu veux m’apprendre est-il utile? 
 — Non, pas vraiment
 — Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bon, ni utile, pourquoi me le dire ? Moi, je préfère l'ignorer.