15 décembre 2016

l'éternel voisinant avec l'éphémère




« ... le Mont-Saint-Michel jaillit au-dessus des herbes. Le Stupa magique était là. Et des nuées de passereaux explosant dans l'air salé jetaient leurs confettis pour le mariage de la pagode avec la lagune. C'était le mont des quatre éléments. À l'eau, à l'air et à la terre s’ajoutait le feu de ceux qui avaient la foi. Ces types du XIIe siècle n'avaient tout de même pas manqué d'audace d'avoir osé planter leur autel dans une fondrière, devant un système de purge d'eau, de remodelage des vases, de circulation des courants, de migrations d'oiseaux et de bruissements de roseaux ! C'était l'éternel qui voisinait avec l'éphémère. Mais il fallait comprendre que l’éternel résidait dans les échanges gazeux de la boue, les évacuations lagunaires et l'éclosion des larves. L'éphémère était la tentative de l'homme d’enraciner ses fables Sur des rochers. »   



Sylvain Tesson