11 mai 2016

deux intuitions opposées de Poussin

L’Été ou Ruth et Booz (1660-1664) par Nicolas Poussin 


« Dans combien de tableaux Poussin, encouragé à cela par l’exemple du Titien – par la “couleur” vénitienne –, s’est-il laissé aller à la rêverie d’un surabondant âge d’or pour un être humain sans limite ! C’est en quoi il peut être parfois si voisin de Cortone. Mais bientôt la blessure se réveille : et ce sont alors ces inscriptions sur des tombes, ces villes inaccessibles sur les collines, qui rappellent que la plénitude entrevue n’est qu’une illusion à jamais. Toujours Poussin sera déchiré par ces deux intuitions opposées d’une profusion du réel et des limites de la personne. »   



Yves Bonnefoy