17 octobre 2014

Nocturne

Bord de mer par Georges Braque 



La plage de Varengeville par Georges Braque 


Ô mer, toi que je sens frémir
À travers la nuit creuse,
Comme le sein d’une amoureuse
Qui ne peut pas dormir ;

Le vent lourd frappe la falaise... 
Quoi ! si le chant moqueur
D'une sirène est dans mon coeur-
Ô coeur, divin malaise.

Quoi, plus de larmes, ni d’avoir
Personne qui vous plaigne...
Tout bas, comme d’un flanc qui saigne,
Il s’est mis à pleuvoir.  


Paul-Jean Toulet