22 mars 2010

Les nouveaux St Thomas





  le faux charnier de Timisoara
En décembre 1989, à la veille du réveillon de Noël, alors qu’en Roumanie tombait la dictature de Nicolae Ceausescu, les téléspectateurs occidentaux découvraient avec horreur les images d’un charnier où, affirmaient les envoyés spéciaux, gisaient des corps affreusement torturés. On parlait alors de quatre mille morts pour la seule ville de Timisoara. L’émotion soulevée était immense ; les éditoriaux solennels et les appels à l’action se multipliaient. En fin de compte, il s’avéra que les cadavres exhibés devant les caméras avaient été déterrés dans le cimetière des pauvres. Partisans de Ceausescu compris, la « révolution roumaine » avait fait quelque sept cents morts – moins de cent à Timisoara. Le bilan de l’attaque américaine au Panamá, qui s’était déroulée au même moment dans l'indifférence générale, s’élevait à près de deux mille morts…[Le Monde diplomatique du 21/12/09] 

« Jadis le mensonge n’entrait dans les âmes que par les oreilles. Le progrès des sciences et des techniques le fait entrer maintenant par les yeux. Chaque homme est devenu un petit saint Thomas qui ne croit que ce qu’il voit, mais ce qu’il voit est faux. » 


 Jean Dutourd