28 juillet 2009

cadeau d’un jour de fête (Pedro Figari)

Poulains dans la Pampa, Pedro Figari


Portrait de Jules Supervielle par Pedro Figari

« Il avait commencé par être un peintre des dimanches et voilà qu’il colore, illumine et enchante toutes nos semaines. Peindre fut toujours pour lui comme le cadeau d’un jour de fête. C’était le rectangle lumineux de la joie dans une vie qui ne fut pas pour lui sans amertumes. Jamais il ne s’est ennuyé devant une toile et il a toujours réussi à nous faire partager son plaisir, sa tendresse pour le sujet, son émerveillement.
En aucun sens, Figari n’est un peintre de natures mortes. Sa peinture est mouvement. Il aime tout ce qui bouge: les danses, les couples, les chevaux, les diligences, les nuages et donne des ailes même aux maisons et aux arbres. Tout s’anime prodigieusement sous nos yeux et pourtant tout reste à sa place exacte.
À la recherche des jours écoulés, cet évocateur du temps qui n’est plus a trouvé le moyen d’être dans les meilleurs termes avec l’avenir qui semble être aussi son complice. Ses toiles vieillissent admirablement, je veux dire qu’elles restent jeunes, ne perdant jamais rien de leur fraîcheur initiale. Et sa gloire ne fait que grandir.
S’il dérive de Bonnard, de Vuillard, de Van Gogh, les influences qu’il a subies n’ont fait qu’exalter sa propre personnalité et jamais la peinture française ne devint, comme chez lui, si authentiquement “criolla”.
André Gide a dit qu’un nouveau poète remet tout en question. On pourrait dire autant de ce grand coloriste qui a réhabilité le sujet dans la peinture sud-américaine et donné aux larges évocations du passé une grâce, une saveur et des accents jusqu’à lui inconnus dans ces terres. »