15 septembre 2014

Néant

Christ mort, par Annibal Carrache, 1582 


c'est du Néant qu'ils ont tiré leur Dieu :
quoi d'étonnant, s'il s'est pour eux, réduit à néant ?



Friedrich Nietzsche

13 septembre 2014

entre un chat et un Rembrandt




« Dans un incendie, entre un Rembrandt et un chat, je sauverais le chat »   


Alberto Giacometti






La Sainte Famille au rideau, Rembrandt 1646 




11 septembre 2014

Le roi est nu


Le nouveau Pearl Harbour 


« Il y a ceux qui ne voient pas que le roi est nu. Pas pour autant moins nombreux que ceux qui, le voyant, choisissent de se taire »

 Bruno Favrit



9 septembre 2014

Les quatres cavaliers de l'apocalypse

Les quatre cavaliers de l'Apocalypse par Victor Vasnetsov, 1887 



Les quatre cavaliers de l'Apocalypse par Albrecht Dürer 


Puis je vis l'Agneau ouvrir le premier sceau, et j'entendis l'un des quatre Animaux proférer comme un coup de tonnerre : «Viens ». Je vis paraître alors un cheval blanc; son cavalier tenait un arc, on lui remit une couronne et il sortit en vainqueur pour vaincre encore. Lorsqu'il ouvrit le deuxième sceau, j'entendis le deuxième Animal dire : «Viens » ; il sortit un autre cheval, roux ; il fut donné à son cavalier d'ôter la paix de la terre, de façon qu'on s'entre-tuât ; et on lui remit une grande épée. Lorsqu'il ouvrit le troisième sceau, j'entendis le troisième Animal dire : «Viens » ; je vis paraître un cheval noir , dont le cavalier portait une balance à la main, et j'entendis au milieu des quatre Animaux une sorte de voix proclamer : « Un denier la mesure de blé ! Un denier les trois mesures d'orge ! Quant à l'huile et au vin, épargnez les !». Lorsqu'il ouvrit le quatrième sceau, j'entendis la voix du quatrième Animal dire : «Viens » ; et je vis paraître un cheval verdâtre, dont le cavalier s'appelle la Mort ; le séjour des morts l'accompagnait. Il leur fut donné pouvoir sur le quart de la terre, pour occire par le glaive, la famine et la peste, et par les fauves.  


Saint Jean


Les quatre cavaliers de l'Apocalypse par Matthias Gerung 




Les quatre cavaliers de l'Apocalypse par Facundus, 1047 







7 septembre 2014

Mythologie nordique

Audhumla, la vache nourricière par Nicolai Abraham Abildgaard 


« Au début, il n'y avait rien. Ni ciel, ni terre, ni étoiles, ni lune, ni soleil. Ce vide était appelé Ginnungagap (ce qui veut dire l’abîme). Au nord se trouvait le Niflheim (le monde de la glace et des brumes), et au sud se trouvait de Muspelheim (le pays de feu, gardé par le géant Surt). Les douze rivières, nommées Heligavar, coulaient du monde des morts vers l’abîme, qui, à son contact, gelaient et formaient de la glace. En provenance du Muspelheim, des nuages brûlants se dirigeaient vers l’abîme, et au contact de la glace, formaient du brouillard. De ce brouillard tombèrent alors des gouttes d’eau, qui donnèrent naissance aux filles du gel, ainsi qu’au premier géant, Ymir. Ce dernier fut le grand-père d’Odin. En même temps apparut Audhumla, la vache nourricière. De ses pis coulaient quatre rivières de lait, dont Ymir se nourrissait. Cette dernière léchait continuellement la glace de Ginnungagap, d’où naquit Buri : le premier jour, ses cheveux apparurent ; le deuxième jour, l’on vit sa tête ; et le troisième jour, il fut achevé. Par la suite, ce dernier engendra Bor, qui épousa Bestla, fille d’un géant de glace. Trois garçons naquirent de leur union : Odin, Vili et Vé. C’est alors qu’Odin et ses deux frères tuèrent Ymir. Puis, ils créèrent le ciel et la terre avec son cadavre. Son sang forma la mer, son corps forma la terre, ses os formèrent les montagnes, ses cheveux formèrent les arbres, et son crâne forma les cieux En outre, les larves qui rongeaient le cadavre d’Ymir servirent à Odin et ses frères pour créer les Nains. Ces derniers, vivant sous terre, étaient très adroits dans les travaux manuels. Quatre d’entre eux, des nains gigantesques, Nordi, Sudri, Austri et Westri, servirent à soutenir la voûte céleste, et donnèrent leurs noms aux quatre points cardinaux. Puis, Odin, Vili et Vé créèrent le temps en utilisant le cerveau d’Ymir. Enfin, les trois frères décidèrent de noyer les descendants d’Ymir dans son sang. Seulement, l’un de ses petits fils, Bergelmir, parvint à prendre la fuite, accompagné par sa compagne. Alors, Odin et ses frères formèrent un rempart à l’aide des cils d’Ymir, protégeant le domaine de Midgard, le monde des humains, des attaques de ses ennemis. 
Odin et ses frères donnèrent par la suite naissance aux premiers humains grâce à des arbres : le premier homme fut crée d’une branche de frêne (d’où son nom, Ask.), la première femme fut créée avec une branche de bouleau (d’où son nom, Embla.). .... »   

Audhumla lkéchant Buri, manuscrit islandais



5 septembre 2014

cet enfant si peu enfantin



Photo d'Yukio Mishima enfant 


  « Pendant de nombreuses années, j'ai soutenu que je pouvais me rappeler des choses vues à l'époque de ma naissance. Chaque fois que je tenais de tels propos, les grandes personnes commençaient par rire, puis, se demandant si je ne cherchait pas à les mystifier, elles considéraient avec antipathie le visage de cet enfant si peu enfantin. » 


   Yukio Mishima





3 septembre 2014

Casino des Lumières crues






Un soir des plages à la mode on joue un air
Qui fait prendre aux petits chevaux un train  d’enfer
Et la fille se pâme et murmure Weber
Moi je prononce Wèbre et regarde la mer  


Louis Aragon



  Invitation à la valse de Carl Maria von Weber , orchestré par Hector Berlioz



1 septembre 2014

Le vipereau




Il glisse contre la mousse du caillou comme le jour cligne à travers le volet. Une goutte d'eau pourrait le coiffer, deux brindilles le revêtir. Âme en peine d'un bout de terre et d'un carré de buis, il en est, en même temps, la dent maudite et déclive. Son vis-à-vis, son adversaire, c'est le petit matin qui, après avoir tâté la courtepointe et avoir souri à la main du dormeur, lâche sa fourche et file au plafond de la chambre. Le soleil, second venu, l'embellit d'une lèvre friande. Le vipereau restera froid jusqu'à la mort nombreuse, car, n'étant d'aucune paroisse, il est meurtrier devant toutes.   



René Char



30 août 2014

L'as-tu bien choisi ?

L'ange déchu, par Odilon Redon 


La fadeur de ton ange t'obligera à chercher un démon, qui n'est que ton sataniseur. L'as-tu bien choisi ? Luciférien, comme il se doit être (c'est son signe), mais pas non plus absolument disproportionné à ta mince vigueur. Veillez-y. Ils s'accrochent, tu sais ?    



Henri Michaux

28 août 2014

Il pleut des cordes




Il pleut des cordes – 
Un chat avance 
Son petit dans la gueule 


Shûson Katô

26 août 2014

le tact en ondes




Céline et le chat Bébert, à Copenhague, 1945 


« Vous direz, un chat c'est une peau ! Pas du tout ! Un chat c'est l'ensorcellement même, le tact en ondes. »   



Louis-Ferdinand Céline

24 août 2014

Forme




C’était un flacon à saké en fer. Ce flacon ciselé de fines nervures lui avait, à son insu, enseigné la beauté de la «forme».  



Ryūnosuke Akutagawa

22 août 2014

Qui aime un chat...



« Qui aime un chat aime tous les chats. Qui aime son chien n'aime pas les autres.  »   



Roland Topor

20 août 2014

La Pietà de Delacroix

La pietà de Delacroix, 1844. Eglise Saint-Denys du Saint-Sacrement, 68 rue de Turenne, Paris 3ème
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  « ...Allez voir à Saint-Louis [ancien nom de la rue de Turenne] au Marais cette Pietà, où la majestueuse reine des douleurs tient sur ses genoux le corps de son enfant mort, les deux bras étendus horizontalement dans un accès de désespoir, une attaque de nerfs maternelle. L’un des deux personnages qui soutient et modère sa douleur est éploré comme les figures les plus lamentables de l'Hamlet, avec laquelle œuvre celle-ci a du reste plus d’un rapport. — Des deux saintes femmes, la première rampe convulsivement à terre, encore revêtue des bijoux et des insignes du luxe ; l’autre, blonde et dorée, s’affaisse plus mollement sous le poids énorme de son désespoir. Le groupe est échelonné et disposé tout entier sur un fond d’un vert sombre et uniforme, qui ressemble autant à des amas de rochers qu’à une mer bouleversée par l’orage. Ce fond est d’une simplicité fantastique, et E. Delacroix a sans doute, comme Michel-Ange, supprimé l’accessoire pour ne pas nuire à la clarté de son idée. Ce chef-d’œuvre laisse dans l’esprit un sillon profond de mélancolie. » 



 Charles Baudelaire


18 août 2014

Sur une statue de Michel-Ange

Esclave mourant, par Michel-Ange, 1513-1516 



Esclave, mais non pas de l' homme, et qu' au matin
À peine de ta vie, accable le destin. 


Paul-Jean Toulet



16 août 2014

je m'endors




Homme qui dort par Bronzino 

Dans l'odeur
de ma nudité
je m'endors   


Abe Kan'ichi