« In a jump the subject, in a sudden burst of energy, overcomes gravity. He cannot simultaneously control his expressions, his facial and his limb muscles. The mask falls. The real self becomes visible. One has only to snap it with the camera. »
« Dans un saut de l'objet, dans un sursaut d'énergie, surmonte la gravité. Il ne peut pas contrôler simultanément ses expressions, son visage et ses muscles des membres. Le masque tombe. Le vrai soi devient visible. Il suffit de l'enclencher avec la caméra. »
« Comment Monsieur le curé peut-il être sûr qu'aucun enfant de chœur ne pisse dans sa burette à vin ? Car il faut se venger quand on vous a tiré les oreilles. Ou ça remplace le vin qu'on a volé. Ou ça fait rire un camarade. Mais les bigots avalent n'importe quoi. »
« Excuse mon entreprise, Jupiter, toi qui règnes dans les cieux. Ce que je veux, ce n’est pas violer la région des astres ; mais pour fuir un maître, je n’ai pas d’autre voie que ton domaine. Si le Styx m’offrait une route, nous passerions à la nage les eaux du Styx. Je suis contraint de modifier les conditions de ma nature. »
« Hokusai peint des poissons et des pêcheurs, des fleurs et des oiseaux, des courtisanes et des artisans, des pieuvres et des diables — beaucoup de diables, parfois vêtus en prêtres. Puis vient sa dernière œuvre, ce “ vieux tigre bondissant dans la neige ”. Il a quatre-vingt-neuf ans lorsqu'il l'attrape par le bout de son pinceau. Le tigre a une souplesse angélique comme si ses os, sa chair et son âme n'étaient plus que soie, flocon, brise. Il saute entre deux branches basses d'un arbre enneigé dont les extrémités épineuses, perçant le blanc, semblent être des griffes. Tout est devenu tigre, tout est devenu neige. La légèreté du fauve — il se glisse entre les flocons de neige sans en heurter un seul — est celle du chasseur converti par la vue du gibier, soudainement délivré de son instinct de mort. Hokusai pense à la fin de sa vie que la vie n'est que commencements “ À quatre-vingt-dix ans je pénètrerai le mystère des choses ; à cent ans, je serai décidément parvenu à un degré de merveille, et quand j'aurai cent dix ans, chez moi, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. ” À l'heure où j'écris, continuant à peindre après que la mort a lavé ses pinceaux, Hokusai a deux cent cinquante ans. le vieux tigre est de plus en plus souple, son bond a la forme de l'arc-en-ciel. »
Ils sont las d'être heureux ! Il leur faut l'Industrie,
Le labeur écrasant, la machine qui crie,
Siffle, obscurcit l'azur de ses noires vapeurs,
Nos costumes sans goût, sans formes, sans couleurs, notre vulgarité, nos chapeaux impossibles, nos pantalons, nos arts frelatés et nos bibles. Ils étaient jolis dans leurs habits japonais ;
Sous nos accoutrements ils veulent être laids.
Leurs femmes, d'élégance et de grâce prodiges,
Étaient comme des fleurs se penchant sur leurs tiges ; Elles pouvaient au monde imposer leurs atours, changer l'axe du beau, le thème des amours ! Mais telle qui traînait des robes de déesse
Avec nos falbalas n'est plus qu'une singesse.
C'en est fait ! du Japon il faut faire son deuil,
Tuer l'illusion et clouer son cercueil.
«L'Empire du Soleil Levant» n'est plus qu'un trope ;
« L'art est toujours étranger. Il se reconnaît à ce qu'il n'est obstinément pas nous. Ce qui en lui est universel, c'est son étrangèreté . Dans un monde sans frontières nous serions partout chez nous, quelle horreur ! Verlaine toujours : “ Que me veut cet at home obèse ? ”. Proust est universel parce qu'il est, entre autres choses, très entre autres choses, merveilleusement français (et même français de Saint-André-des-Champs , pour parler comme lui). L'art qui naît universel n'est pas de l'art : au mieux il relève de l'industrie culturelle, au pis de la propagande (c'est souvent la même chose). La France intéressait le monde entier quand elle était profondément la France. Universelle, elle n'intéresse plus personne : tout le monde a aussi bien ou pire chez soi. »