27 juin 2016

le sablier

Vanité au sablier, par Philippe de Champaigne, 1646 

Le cône inversé, par son sommet ouvert,
Laisse glisser le sable minutieux.
Or graduel, il emplit en tombant
Le cristal concave qui clôt son univers.
 



Jorge Luis Borges

26 juin 2016

Henri de Montherlant


« Ayant inventé un personnage tout de bravoure et d'éclat, il [Montherlant] a fini par le prendre pour lui et s'y est conformé jusqu'à la fin. »  




25 juin 2016

Epitaphe du feu duc Françoys de Bretaigne

Le tombeau de François II de Bretagne, cathédrale de Nantes 


Je suis nommé Françoys, qui en la maison de France
Par le feu bon roy Charles norry de mon enfance
Mes honneurs, et grans biens de sa grace receuz.
Apres la mort Arthus, duc de Bretaigne fuz
Le roy Loys XIe pere du roy regnand
Charles du nom, VIIIe me greva durement
Plusieurs foys m’en hay, mais a luy resistay
Contre son filz puissant en la fin j’en (?) n'ay
Riens ne ma valu, Nantes, Feugeres, Saint Malo
Toute Basse Bretaigne, ne le pays galo
Ne tous mes aliez ne m’ont peu secourir
Quil n’ait faict en ma terre par toust son ost avoir
Sur moy a conqueste le pays tout en tour
Au contre son effors ny ay sceu donner tour
Victoire a heu sur moy, Dieu la ainsi permis
Dont a traicté de paix me rengay, et soubmys
Mays lors que je cuydoye paisible user mes jours
La mort anticipa de ma vie le cours
En septembre rendi mon ame a Dieu lassus
L’an mil, et IIIIc octante, et huict escheuz,
A Nantes fust mon corps mys dessoubz cest lame,
Vous qui cecy lires priez Dieu pour mon ame.
Amen.



Françoys de Bretaigne





24 juin 2016

Le roi des aulnes

Le Roi des Aulnes, poème de Goethe
mis en musique par Franz Schubert, Orchestration de Max Reger
direction Claudio Abbado, chant Thomas Quasthoff 
(illustration de Moritz von Schwind)




Erlkönig

Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?
Es ist der Vater mit seinem Kind;
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er faßt ihn sicher, er hält ihn warm.

Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ? -
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht ?
Den Erlenkönig mit Kron und Schweif ? -
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif. -

»Du liebes Kind, komm, geh mit mir!
Gar schöne Spiele spiel ich mit dir;
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.«

Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht? -
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind;
In dürren Blättern säuselt der Wind. -

»Willst, feiner Knabe, du mit mir gehn?
Meine Töchter sollen dich warten schon;
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.«

Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düstern Ort? -
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh es genau:
Es scheinen die alten Weiden so grau. -

»Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt;
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt.«
Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an!
Erlkönig hat mir ein Leids getan! -

Dem Vater grauset's, er reitet geschwind,
Er hält in den Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not;
In seinen Armen das Kind war tot.


23 juin 2016

plus bête que les bêtes

Déclaration, par Zhang Lin Hai 


« Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne disent rien, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit. »   

Octave Mirbeau

22 juin 2016

La mort de Cléopâtre



Cléopâtre, scène lyrique Paroles de Pierre-Ange Vieillard, musique d'Hector Berlioz 

  C’en est donc fait! ma honte est assurée. 
Veuve d’Antoine et veuve de César, 
Au pouvoir d’Octave livrée, 
Je n’ai pu captiver son farouche regard. 
J’étais vaincue, et suis déshonorée. 

 En vain, pour ranimer l’éclat de mes attraits, 
J’ai profané le deuil d’un funeste veuvage;
 En vain, en vain, de l’art épuisant les secrets,
 J’ai caché sous des fleurs les fers de l’esclavage; 
Rien n’a pu du vainqueur désarmer les décrets.
 A ses pieds j’ai traîné mes grandeurs opprimées.
 Mes pleurs même ont coulé sur ses mains répandus, 
Et la fille des Ptolémées
 A subi l’affront des refus! 
Ah! qu’ils sont loin ces jours, tourment de ma mémoire,
 Où sur le sein des mers, comparable à Vénus, 
D’Antoine et de César réfléchissant la gloire, 
J’apparus triomphante aux rives du Cydnus! 

 Actium m’a livrée au vainqueur qui me brave; 
Mon sceptre, mes trésors ont passé dans ses mains; 
Ma beauté me restait, et les mépris d’Octave 
Pour me vaincre ont fait plus que le fer des Romains. 
Ah! qu’ils sont loin ces jours, etc. 
Mes pleurs même ont coulé sur ses mains répandus, 
J’ai subi l’affront des refus. 
Moi !... qui du sein des mers, comparable à Vénus,
 M’élançai triomphante aux rives du Cydnus! 

 Au comble des revers, qu’aurais-je encore à craindre? 
Reine coupable, que dis-tu? 
Du destin qui m’accable est-ce à moi de me plaindre? 
Ai-je pour l’accuser les droits de la vertu? 

 J’ai d’un époux déshonoré la vie. 
C’est par moi qu’aux Romains l’Égypte est asservie, 
Et que d’lsis l’ancien culte est détruit.
 Quel asile chercher? Sans parents! sans patrie! 
Il n’en est plus pour moi que l’éternelle nuit!

 Méditation 

[ How if when I am laid into the tomb ... (Shakespeare)]

 Grands Pharaons, nobles Lagides, 
Verrez-vous entrer sans courroux,
 Pour dormir dans vos pyramides,
Une reine indigne de vous? 
Non!.. non, de vos demeures funèbres 
Je profanerais la splendeur! 
Rois, encor au sein des ténèbres,
 Vous me fuiriez avec horreur.
Du destin qui m’accable est-ce à moi de me plaindre?
 Ai-je pour l’accuser le droit de la vertu?
Par moi nos dieux ont fui d’Alexandrie, 
Et d’Isis le culte est détruit.
Grands Pharaons, nobles Lagides, 
Vous me fuiriez avec horreur! 
Du destin qui m’accable est-ce à moi de me plaindre? 
Ai-je pour l’accuser le droit de la vertu? 
Grands Pharaons, nobles Lagides, 
Verrez-vous entrer sans courroux, 
Pour dormir dans vos pyramides, 
Une reine indigne de vous? 
Non, j’ai d’un époux déshonoré la vie.
 Sa cendre est sous mes yeux, son ombre me poursuit. 
C’est par moi qu’aux Romains l’Égypte est asservie. 
Par moi nos dieux ont fui les murs d’Alexandrie, 
Et d’Isis le culte est détruit. Osiris proscrit ma couronne. 
A Typhon je livre mes jours! 
Contre l’horreur qui m’environne 
Un vil reptile est mon recours. 
Dieux du Nil... vous m’avez... trahie!
 Octave... m’attend... à son char. 
Cléopâtre en... quittant... la vie, 
Redevient digne de... César ! 


21 juin 2016

boîteux


« D'où vient qu'un boiteux ne nous irrite pas et un esprit boiteux nous irrite ? À cause qu'un boiteux reconnaît que nous allons droit et qu'un esprit boiteux dit que c'est nous qui boitons. Sans cela nous en aurions pitié et non colère.»

20 juin 2016

tous les peuples sont frères




« ...Tout le genre humain n’est qu’une famille dispersée sur la face de toute la terre; tous les peuples sont frères, et doivent s'aimer comme tels. Malheur à ces impies qui cherchent une gloire cruelle dans le sang de leurs frères, qui est leur propre sang ! La guerre est quelquefois nécessaire, il est vrai; mais c’est la honte du genre humain qu’elle soit inévitable en certaines occasions... »   



Fénelon

19 juin 2016

Le feu

Le feu fait un classement : d’abord toutes les flammes se dirigent en quelque sens…
(L’on ne peut comparer la marche du feu qu’à celle des animaux : il faut qu’il quitte un endroit pour en occuper un autre ; il marche à la fois comme une amibe et comme une girafe, bondit du col, rampe du pied…)
Puis, tandis que les masses contaminées avec méthode s’écroulent, les gaz qui s’échappent sont transformés à mesure en une seule rampe de papillons.

18 juin 2016

discussion sur la musique

Concerto n°20 de Mozart


« Rien n'est donc plus absurde que toute discussion sur la musique. On la sent, ou on ne la sent pas, et puis c'est tout. »

Stendhal





La leçon de musique, de Johannes Vermeer

17 juin 2016

mendier le tumulte

Les Sabines, par Jacques-Louis David , 1799


« Ainsi s'écoule toute la vie ; on cherche le repos en combattant quelques obstacles et si on les a surmontés le repos devient insupportable par l'ennui qu'il engendre. Il en faut sortir et mendier le tumulte. »   



Blaise Pascal

16 juin 2016

instants






« ...Some of my paintings are about the interaction between men. Though illustrated through men, it could also be considered as the relationship between men and women. Illusory movement of arms, bottles frozen in the air and glowing watches are all for the expression of this real or illusive, true or false feeling. In my paintings, time and space have been condensed into a single moment... » 


« ...Le sujet de certaines de mes peintures est l'interaction entre les êtres humains. Bien qu'illustrées par des hommes, elles pourraient aussi représenter les relations entre les hommes et les femmes. Mouvement illusoire des bras, bouteilles immobilisées dans l'air, et montres scintillantes, tout concourt  à l'expression d'un sentiment réel ou illusoire, vrai ou faux. Dans mes tableaux, le temps et l'espace ont été condensés en un  instant unique.... »  


   Wu Meng Chun






15 juin 2016

connaître les poissons (gyotakus)


Le gyotaku (魚拓?, en français ichtyogramme) est un art japonais consistant à reproduire des empreintes de poissons sur différents supports tels que du papier ou du tissu.


  « Connaître les femmes sans être amant, c'est comme si un pêcheur, ayant promené sa ligne sur la rivière, s'imaginait connaître les poissons. »  




14 juin 2016

L'enfant chéri de la foi

Miracles, photographies de Joan Fontcuberta, 



« Le miracle est l'enfant le plus chéri de la foi.  »   


Johann Wolfgang von Goethe



13 juin 2016

Lucian Freud, portraits et autoportraits


Lucian Freud, photographié par Scott Wintrow à côté de son autoportrait


  Portraits, autoportraits de ou par Lucian Freud 


« pour se représenter soi-même, il faut essayer de se peindre comme si on était quelqu’un d’autre. Dans l’autoportrait, la ressemblance, c’est autre chose. Je dois peindre ce que je ressens sans tomber dans l’expressionnisme. »   



Lucian Freud


12 juin 2016

L’art robuste



Sculptures attribuées à Praxitèle  


Tout passe. 
L’art robuste seul a l’éternité. 
Le buste survit à la cité. 

 Théophile Gautier