30 septembre 2016

une sorte d'absence

Nuit sur la mer par Paul Delvaux, 1976 


«  Elles sont comme une sorte d'absence. Elles sont comme si Delvaux avait peur de la femme. Elles sont comme une sorte d'éternité absente, à la fois transparentes et totalement opaques.  »   



Alain Robbe-Grillet

26 septembre 2016

Le plus beau cadeau

Henri Matisse avec un de ses chats 

« Quel plus beau cadeau que l'amour d'un chat ?   »   


Charles Dickens

25 septembre 2016

Apolinaire et ses amis

Apolinaire et ses amis, par Marie Laurencin, 1909 


Je souhaite dans ma maison : 
Une femme ayant sa raison, 
Un chat passant parmi les livres, 
Des amis en toute saison. 
Sans lesquels je ne peux pas vivre.   


Guillaume Apollinaire

24 septembre 2016

Sara la baigneuse




Sara la Baigneuse , poème de Victor Hugo
mis en musique par Hector Berlioz
Ballade chantée par Laura Aikin et Lani Poulson
Peinture de Jean-Jacques Henner

23 septembre 2016

Il ne sait rien...

Emmanuel Macron à la mutualité, juillet 2016 


« Il ne sait rien, mais il croit tout savoir. On peut lui prédire une carrière politique »   



George Bernard Shaw

22 septembre 2016

Le vingt-deux septembre





Un vingt et deux septembre au diable vous partîtes,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous... 
Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières :
Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

On ne reverra plus, au temps des feuilles mortes,
Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte
Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous... 
Que le brave Prévert et ses escargots veuillent
Bien se passer de moi et pour enterrer les feuilles :
Le vingt-e-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d'ailes,
Je montais jusqu'au ciel pour suivre l'hirondelle
Et me rompais les os en souvenir de vous... 
Le complexe d'Icare à présent m'abandonne,
L'hirondelle en partant ne fera plus l'automne :
Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Pieusement nous d'un bout de vos dentelles,
J'avais, sur ma fenêtre, un bouquet d'immortelles
Que j'arrosais de pleurs en souvenir de vous...
Je m'en vais les offrir au premier mort qui passe,
Les regrets éternels à présent me dépassent :
Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous. 

Désormais, le petit bout de cœur qui me reste
Ne traversera plus l'équinoxe funeste
En battant la breloque en souvenir de vous...
Il a craché sa flamme et ses cendres s'éteignent,
A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes : 
Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

 Et c'est triste de n'être plus triste sans vous 

 Georges Brassens





21 septembre 2016

autoportraits de Poussin

Les funérailles de Phocion, par Nicolas Poussin, 1648 


«  Poussin, ce moment cartésien de la peinture française, est aussi expressif dans le paysage de ses Funérailles de Phocion que dans son propre visage. Dans le paysage la nature est reconstruite, selon les lois de l'esprit humain, ses lois mathématiques : une ellipse organise toute la toile. Mais cette géométrie immanente à la nature n'est pas le squelette décharné de la construction : chaque segment de cette courbe régulatrice a son frémissement propre et sa poésie. Si, dans la philosophie réductrice  de Descartes, tout le réel s'évapore en fumée algébrique, dans la peinture de Poussin tout le sensible est maîtrisé par la raison et non exclu par elle. Phocion le juste, injustement condamné, conserve, dans la mort, la sérénité stoïcienne d'agencement du tableau nous rend directement sensible le principe ordonnateur de l'univers qui l'écrase, et, en même temps, la maîtrise de l'esprit et du regard qui l'accepte et le domine. L'autoportrait proprement dit de Poussin n'ajoute rien à cette vision du monde, sinon la façon dont il se voit lui-même s'insérer dans le monde. La nature n'y apparaît plus, comme fond du tableau, que d'une manière symbolique, en sa pure géométrie, et le sage qui s'accepte lui-même comme il accepte la loi du monde. De là le réalisme poussé des affaissements du visage, les yeux où n'étincelle l'éclair d'aucune surprise. Un buste sculpté dans la glaise lourde et grave d'un univers avec lequel le peintre, stoïcien et cartésien, a fait un pacte de vie ou de mort que semble sceller, par son ancrage au cœur des choses, le volume volontaire de sa personne en son immobile éternité. »   



Roger Garaudy





autoportrait de Nicolas Poussin, 1650 

20 septembre 2016

sans âme




  Affalé au sol
le cerf-volant
était sans âme


 Kubota Kuhonta




19 septembre 2016

le spectre de l’uniformité




« Et le spectre de l’uniformité ne rôde pas seulement autour des bêtes et des plantes. Les hommes, leurs idées, leurs aspirations, leurs dieux et leurs œuvres sont menacés par la civilisation du Même. Un Papou converti au christianisme, c’est un dieu coutumier qui ne sera plus prié, c’est donc un pas de plus vers l’unicité. »  


Sylvain Tesson

18 septembre 2016

retouche à l'éclair



Pour un festin d'armures
il sort du fleuve
le casier du ciel
où se remue, se détend
luisant
le village d'un vert de langouste   

Daniel Boulanger




17 septembre 2016

tout se brouille


 
Un matin où le miel devient feu
devient sable -
où tout se brouille
 

 Hori Ashio



 

15 septembre 2016

retouche à la grâce




  L'hirondelle sur le plan d'eau
n'est qu'une machine à gober


   Daniel Boulanger




14 septembre 2016

L'opposé de la débauche

Photo d'Édouard Boubat 


“L'opposé de la débauche, ce n'est pas la pruderie, ce n'est pas l'austérité, ce n'est pas l'abstinence : c'est l'amour.”



Alphonse Karr

13 septembre 2016

Samson




Samson aveuglé, par Lovis Corinth, 1912 


L'invincible Samson, le fils de Manué,
Qui s'enfuyait avec les portes d'une ville,
Qui tuait, luttant seul, les Philistins par mille,
Et narguait leur pouvoir enfin diminué,

Depuis longtemps incline un corps exténué
Sous les rires moqueurs, dans un labeur servile ;
Et le ressentiment de la nation vile
Ne s'est pas, il lui semble, encore atténué.

La plèbe sans merci le raille et le provoque.
Il garde le silence, et sa pensée évoque
Les péchés qui l'ont fait un objet de mépris.

Quel démon a soudain noué la trame infâme ?
De quel vertige étrange a-t-il donc été pris ?
Qui l'a vaincu; ce fort ?... Le baiser d'une femme !  


Léon-Pamphile Le May







Air de la meule, Acte III de Samson et Dalila, opéra de Camille Saint-Saëns 




12 septembre 2016