4 juillet 2015

edelweiss



« L'edelweiss, fleur solaire couleur de lune »   


Sylvain Tesson

3 juillet 2015

ne laisser aucune trace

Arno Rafael Minkkinen, 1997 


Il est plus facile de ne laisser aucune trace
Que de marcher sans toucher le sol.  


Tchouang-tseu

15 juin 2015

Homère sait être paradoxal

Homèrte et son guide, par William Bouguereau 1874 


Homère sait être paradoxal. — Y a-t-il quelque chose de plus audacieux, de plus épouvantable et de plus incroyable, quelque chose qui éclaire les destinées humaines, tel un soleil d’hiver, autant que cette pensée qui se trouve dans HomèreLes dieux disposent des destinées humaines et décident la chute des hommes Afin que des générations futures puissent composer des chants.

Donc, nous souffrons et nous périssons pour que les poètes ne manquent pas de sujets — et ce sont les dieux d’Homère qui arrangent cela ainsi, comme si les plaisirs des générations futures semblaient leur importer beaucoup, mais le sort de nous autres contemporains leur être très indifférent. — Comment de pareilles idées ont-elles pu entrer dans le cerveau d’un Grec !  



Friedrich Nietzsche




Ulysse et les Sirènes  - v.480-470 avant JC 


3 juin 2015

Chaque chose a sa propre valeur

 
La Vérité sortant du puits par Édouard Debat-Ponsan, 1898 


Un petit sac ne peut contenir un grand objet.
Une corde trop courte n'atteint pas le fond du puits
Chaque chose a sa propre valeur.


Tchouang-tseu

25 mai 2015

une barque tirée à terre


Aquarelle de Guilhem Lafon ...


.... d'apès le modèle des Beaux Arts de Grenoble



Vois comme je suis assis
telle une barque tirée à terre.
Je suis heureux ici.  


Tomas Tranströmer

 

22 mai 2015

Papillon

Papillons par Odilon Redon 


Un papillon voltigeait dans le vent où planait une odeur d’herbes aquatiques. Il sentit les ailes du papillon effleurer ses lèvres sèches une infime seconde. Mais le velours des ailes qui les avaient un jour caressées en passant brillait encore sur ses lèvres tant d’années plus tard.  


Ryūnosuke Akutagawa



15 mai 2015

Venedig (Venise)

Venise par Henri Cartier-Bresson 


An der Brücke stand jüngst ich in brauner Nacht. Fernher kam Gesang: goldener Tropfen quoll's über die zitternde Fläche weg. Gondeln, Lichter, Musik - trunken schwamm's in die Dämmerung hinaus. Meine Seele, mein Saitenspiel, sang sich, unsichtbar berührt, heimlich ein Gondellied dazu, zitternd vor bunter Seligkeit. - Hörte jemand ihr zu?... 




 Accoudé au pont, j'étais debout dans la nuit brune De loin, un chant venait jusqu'à moi. Des gouttes d'or ruisselaient sur la face tremblante de l'eau. Des gondoles, des lumières, de la musique. Tout cela voguait vers le crépuscule. Mon âme, l'accord d'une harpe, se chantait à elle-même, invisiblement touchée, un chant de gondolier, tremblante d'une béatitude diaprée. — Quelqu'un l'écoute-t-il ?  



Friedrich Nietzsche


14 mai 2015

Qui se soucie ?




Qui se soucie de regarder
La fleur de la carotte sauvage
Au temps des cerisiers ? 



Yamaguchi Sodô

11 mai 2015

état naturel

La création d'Adam (plafond de la chapelle Sixtine), par Michel-Ange 


On ne fait jamais que singer des imitateurs. L'état naturel de l'homme en société est de ne pas être lui-même. 

   Bruno Favrit



3 mai 2015

l'esprit du sage

Peinture d'Hishida Shunsō 


Si la tranquillité de l'eau permet
De refléter ce qui se présente,
Que ne peut celle de l'esprit?
Il est tranquille l'esprit du sage,
Miroir de l'univers et des êtres.  


30 avril 2015

...des esprits venus sur terre

Macao, le chat qui vole, par Benoit Gysemberg, 1990 


« Je crois que les chats sont des esprits venus sur terre. Un chat, j'en suis convaincu, pourrait marcher sur un nuage.  »   



Jules Verne

28 avril 2015

des hauts et des bas

Repriseuse de bas par Vincent Van Gogh, 1881 


Dans la vie il y a des hauts et des bas. Il faut surmonter les hauts et repriser les bas.   



Jacques Sternberg

24 avril 2015

Printemps en Ile-de-France




Dans l'Ile-de-France, tous les ans, le printemps revient avec les mêmes fleurs, à leur date, un ciel doucement lumineux, dans les bleus pâles ou les gris mouvants, une jeune verdure d'un ton argenté. Tout cela est connu ; pourtant, chaque année, le printemps est nouveau.  



Jacques Chardonne

21 avril 2015

bouquets

La coupe de chocolat par Pierre-Auguste Renoir 

“Toutes les femmes aiment les bouquets, peu de femmes aiment les fleurs.” 



Alphonse Karr

17 avril 2015

Le lion amoureux

Illustration de la fable par Gustave Moreau 


Sévigné, de qui les attraits 
Servent aux Grâces de modèle,
Et qui naquîtes toute belle,
A votre indifférence près,
Pourriez-vous être favorable
Aux jeux innocents d'une fable,
Et voir, sans vous épouvanter, 
Un lion qu'Amour sut dompter ? 
Amour est un étrange maître.
Heureux qui peut ne le connaître
Que par récit, lui ni ses coups !
Quand on en parle devant vous,
Si la vérité vous offense,
La fable au moins se peut souffrir 
Celle-ci prend bien l'assurance
De venir à vos pieds s'offrir,
Par zèle et par reconnaissance

Du temps que les bêtes parlaient,
Les lions, entre autres, voulaient 
Etre admis dans notre alliance.
Pourquoi non? Puisque leur engeance 
Valait la nôtre en ce temps-là,
Ayant courage, intelligence,
Et belle hure outre cela.
Voici comment il en alla.

Un lion de haut parentage
En passant par un certain pré,
Rencontra bergère à son gré
Il la demande en mariage.
Le père aurait fort souhaité 
Quelque gendre un peu moins terrible.
La donner lui semblait bien dur;
La refuser n'était pas sûr;
Même un refus eût fait possible, 
Qu'on eût vu quelque beau matin
Un mariage clandestin ;
Car outre qu'en toute matière
La belle était pour les gens fiers,
Fille se coiffe volontiers
D'amoureux à longue crinière.
Le père donc, ouvertement
N'osant renvoyer notre amant, 
Lui dit " Ma fille est délicate;
Vos griffes la pourront blesser 
Quand vous voudrez la caresser. 
Permettez donc qu'à chaque patte
On vous les rogne, et pour les dents,
Qu'on vous les lime en même temps.
Vos baisers en seront moins rudes, 
Et pour vous plus délicieux ;
Car ma fille y répondra mieux,
Etant sans ces inquiétudes."
Le lion consent à cela,
Tant son âme était aveuglée !
Sans dents ni griffes le voilà,
Comme place démantelée.
On lâcha sur lui quelques chiens 
Il fit fort peu de résistance.
Amour, amour, quand tu nous tiens,
On peut bien dire " Adieu prudence!"  



Jean de La Fontaine


14 avril 2015

déluge

Le déluge par Léon Comerre 


déluge : Premier essai remarqué de baptême collectif, qui lessiva tous les péchés (et les pécheurs) de la création



Ambrose Bierce