27 janvier 2015

Géométrie

Démonstration de géométrie projective, gravure sur bois d'Albrecht Dürer 


« Je cite l'exemple de Pascal qui combattait ses maux de tête avec des problèmes de géométrie. - Moi, dit Tristan Bernard, je combattais la géométrie en feignant d'avoir des maux de tête.  »   


Jules Renard


25 janvier 2015

Crépuscule

La Snake Rive, Grand Teton National Park 


Le soleil se cache : quelles sont les horreurs qu'il refuse d'éclairer ?  


Alphonse Karr

23 janvier 2015

Une armoire

L'armoire à linge par Pieter de Hooch, 1665 

« Une armoire, c'est un objet stupide. »   


Jacques Sternberg

21 janvier 2015

Forêt en hiver




La forêt est belle et calme en hiver ; elle a perdu ses feuilles qui cachaient de délicates ramures, ces dentelles sombres, résilles que font les branches ; un ciel sans ardeur éclaire le tapis fauve des fougères, la tache vive des mousses mouillées, les trembles et leurs filaments de craie, parmi les grandes rayures sombres des pins et des chênes.  



Jacques Chardonne


19 janvier 2015

indifférence

Chats sur les toits de Paris, par Robert Doisneau 


« J’aime dans le chat ce caractère indépendant et presque ingrat qui le fait ne s’attacher à personne, et cette indifférence avec laquelle il passe des salons à ses gouttières natales. »   



Chateaubriand

17 janvier 2015

La sculpture




Bacchus par Michel-Ange, 1497 


« La sculpture est comme l’art dramatique, à la fois le plus difficile et le plus facile de tous les arts. Copiez un modèle, et l’œuvre est accomplie ; mais y imprimer une âme, faire un type en représentant un homme ou une femme, c’est le péché de Prométhée. On compte ce succès dans les annales de la sculpture comme on compte les poètes dans l’humanité. »   



Honoré de Balzac



15 janvier 2015

beauté de pierre

Le Mont Erebus 


à cette beauté de pierre
se rafraîchit mon cœur brûlant  


Friedrich Nietzsche


 

13 janvier 2015

l'unité de l’acte




L'homme qui marche, par Alberto Giacometti, 1960 


« C’est pour donner une expression sensible à cette présence pure, à ce don de soi, à ce surgissement instantané que Giacometti recourt à l’élongation. Giacometti a su donner à sa matière la seule unité vraiment humaine : l'unité de l’acte »   


Jean-Paul Sartre




11 janvier 2015

passeur de mots



Icône du 16ème siècle représentant Siméon le stylite 


  Aux agoras où se bousculent les marchands et les prédicateurs, le stylite passeur de mots est indécelable. Trop loin, trop haut.


 Bruno Favrit

9 janvier 2015

Ponton



« Un ponton est un pont trop pauvre pour joindre les deux bouts »   


Sylvain Tesson

7 janvier 2015

Uélé moliba makasi (Uélé, fleuve au courant très fort)

Tintin au Congo - Hergé 






Olélé olélé moliba makasi (bis)
Luka luka mboka na yé (bis)
Mboka mboka Kasai
Eeo ee eeo Benguela aya (bis)
Oya oya Yakara a Oya oya
Konguidja a Oya oya Uélé, 


Olélé ! olélé ! Le courant est très fort
Ramez ! Ramez !
Son pays,Son pays, c'est le Kasaï
Eéo, éé ééo, que vienne Benguala !
Viens ! Viens ! Le courageux
Viens ! Viens ! Le généreux
Viens ! viens !  



5 janvier 2015

C'est cela qui est un miracle



« Le miracle, c'est qu'il n'y ait pas que des miracles , disait le mathématicien Henri Poincaré. Le miracle, c'est aussi qu'il n'y ait pas que de la chance, qu'il y ait encore la malchance, l'achance, l'effort, le mérite. Mais la chance n'est un miracle qu'en apparence, pour contenter notre soif de merveilleux. Elle obéit en fait au calcul des probabilités et à des lois psychologiques et cosmiques encore plus profondes. C'est cela qui est un miracle, dirait Henri Poincaré.»   



Paul Guth


3 janvier 2015

Lutteurs



Dans le ciel des hommes, le pain des étoiles me sembla ténébreux et durci, mais dans leurs mains étroites je lus la joute de ces étoiles en invitant d'autres : émigrantes du pont encore rêveuses; j'en recueillis la sueur dorée, et par moi la terre cessa de mourir.  



René Char

1 janvier 2015

Bonne année

Le chat de Philippe Geluck 

« Un calembour console de bien des chagrins »   


Alfred de Musset

31 décembre 2014

Forêt sombre de ma vie

L'énigme d'un départ par Giorgio de Chirico - 1916




Je t'ai toujours aimée forêt sombre
De ma vie.
Forêt plus sombre qu'une nuit sombre
Au pôle sombre...
Voûte du ciel, au pôle, une nuit...
... Nuit sans voiles
Mais sans étoiles
Ni aurores boréales...
Voûte du ciel, au pôle, cette nuit... 

Dans mes élans et mes ivresses
Dans mes fatigues et mes bassesses,
Mes fols espoirs, mes douces tendresses,
Mes lourds chagrins, mes bonnes sagesses,
Mes grands courages, mes lassitudes,
mes lâchetés, mes turpitudes,
mes abstractions, mes quintessences,
mes solitudes, mes grandes licences,
mes vains appels, mes lourdes confiances.  


Giorgio de Chirico








29 décembre 2014

Entre-deux

Céline et Arletty  (voir aussi ici la chanson «Réglement»)


....

 — L’égout! j’y hurle. Il m’empêche d'œuvrer. Il se tait pas ? je l'enchante ! enfin je tente j’y vais au charme!... Je sors ma chanson... je vous l’ai fait soupçonner plus haut... j'ai des chansons…(toutes déposées !) tenez, ce couplet : « Entre-deux »

Je te trouverai charogne ! un vilain soir!
Je te ferai dans les mires ! deux grands trous noirs !
Ton âme de vache dans la Trans’pouët !
Prendra du champ !
Tu verras cette belle assistance !
Tu verras voir comment que l'on danse! 
Au Palace-os des Bons-Enfants ! 

 C’est agressif pour ici ?... j’admets... mais alors le refrain ? du pur charme ! du presque lascif !... vous entenderiez !... et musique !... (l’instant là juste, l'artiste surpris !... jeu de scène !... il voit des personnes!)

 Mais voici tante Estrême et son petit Léo!... 
 Voici Clémentine et le vaillant Toto !
Faut-il dire à ces potes que 1a fête est finie ?
 (jeu de scène : Eh, qu'il aille se faire foutre l'affreux!) 
 Au diable ta sorte ! Que le vent t'emporte !
Adieu feuilles mortes ! fredaines 
Et soucis ! 

la fin, n'est-ce pas, enlevée, guillerette : tourbillonnée ! Je l'avais promise à Revol...c'est une chanson de classe je peux dire...tout de tact!...de finesse!...pas la goualante à tout le monde! Il devait me la chanter à Bécon...pour un «Bénéfice» ! «l'Envoi aux Prisonniers modestes»...et puis n'est-ce pas les évènements !...Y avait encore six couplets...relevés, je vous assure! Être chanté à l'«Européen» moi c'est la gloire!... Ça ç'aurait pu! J'y ai tout hurlé moi au hurleur, toute ma chanson, là, de ma fosse, le contigu!...Des fois ça l'interrompt pas mal...un quart d'heure...une heure...et puis il rehurle! de plus belle! Oh mais je peux tout recouvrir pardon ! la ressource ! le thorax ! ....