24 janvier 2016

La Pietà de Delacroix

La pietà de Delacroix, 1844. Eglise Saint-Denys du Saint-Sacrement
[cliquer sur l'image pour l'agrandir]


  
Eglise Saint-Denys du Saint-Sacrement, 68 rue de Turenne, Paris 3ème



« ...Allez voir à Saint-Louis [ancien nom de la rue de Turenne] au Marais cette Pietà, où la majestueuse reine des douleurs tient sur ses genoux le corps de son enfant mort, les deux bras étendus horizontalement dans un accès de désespoir, une attaque de nerfs maternelle. L’un des deux personnages qui soutient et modère sa douleur est éploré comme les figures les plus lamentables de l'Hamlet, avec laquelle œuvre celle-ci a du reste plus d’un rapport. — Des deux saintes femmes, la première rampe convulsivement à terre, encore revêtue des bijoux et des insignes du luxe ; l’autre, blonde et dorée, s’affaisse plus mollement sous le poids énorme de son désespoir. Le groupe est échelonné et disposé tout entier sur un fond d’un vert sombre et uniforme, qui ressemble autant à des amas de rochers qu’à une mer bouleversée par l’orage. Ce fond est d’une simplicité fantastique, et E. Delacroix a sans doute, comme Michel-Ange, supprimé l’accessoire pour ne pas nuire à la clarté de son idée. Ce chef-d’œuvre laisse dans l’esprit un sillon profond de mélancolie. » 



 Charles Baudelaire


22 janvier 2016

Insultez-moi bien !

Renaud Camus, double autoportrait 2014 


On m’a traité de conspirationniste, je ne l’étais pas du tout, et je le suis devenu sous l‘insulte : je crois que le remplacisme est un tout, et que la création de l’homme remplaçable répond à la poursuite mécanique des intérêts financiers d’une caste elle-même, déjà, post-humaine.

On m’a traité de raciste, je ne l’étais pas du tout, et je le suis devenu sous l’insulte : je crois à l’existence, à la beauté, à la nécessité et à la préciosité des races, et je pense que la proclamation de leur inexistence était un des fondements nécessaires du remplacisme, cette conspiration financière, post-industrielle d‘inspiration, et post-humaine d’effet.

On m’a traité d’islamophobe, je ne l’étais pas du tout, et je le suis devenu sous l’insulte : je pense que l’islam est une idéologie monstrueuse qui crée partout un malheur effroyable et une tyrannie sans nom, dont les fidèles reproduisent exactement les causes partout où ils en fuient les effets.

On m’a traité d’élitiste, je l’étais, et je le suis devenu plus encore sous l’insulte : je pense que la prétendue “démocratisation culturelle” détruit un à un tous les pôles de résistance culturelle et spirituelle au remplacisme, et qu’à travers l’enseignement de l’oubli et la diffusion de masse de l’indifférencié égalitariste elle fournit assidument la matière première de l’industrie de l’hébétude, cette fabrique globale de l’homme remplaçable, post-humain.

À présent, insultez-moi bien.  



Renaud Camus

19 janvier 2016

Jean-Sébastien Bach en anagramme

Portrait de Jean-Sébastien Bach par Elias Gottlob Haussmann, 1746 


J’ai porté au soleil mon nez et ma pipe de tabac, aimé l’art de l’ascète et la joie de l’ange, cherché le tempo exact de l’orchestre, chanté le ruisseau badin et, de choral en passion, les secondes de ce destin trop long.



Anagramme de Sylvain Tesson et Jacques Perry-Salkow
(passer la souris sur le texte)

14 janvier 2016

Art is non visual


small pieces 2010-2015 (selection) by Heribert Friedl 


« Schön ist nicht der augenblickliche Glanz des Spektakels und der unmittelbare Reiz, sondern das stille Nachleuchten, die Phosporeszenz der Zeit »   



Byung-Chul Han

8 janvier 2016

le modèle des modèles


Portraits de Jean Desbordes endormi, par Jean Cocteau 

d'autres portraits de Jean Desbordes endormi, par Jean Cocteau 



«...ils [les visiteurs de l'exposition des dessins] ne voyaient de Jean Desbordes qu'un nombreux profil endormi au lieu de reconnaître un calque des veines et des artères de l'émotion, grand corps suspendu ; au lieu de suivre les fleuves et les montagnes d'une géographie de l'âme. Pour tracer une ligne vivante et ne pas trembler de la savoir en danger de mort sur tous les points de sa route, il me faut dormir d'une sorte de sommeil, laisser descendre sans réserve les sources de ma vie dans ma main, et que cette main finisse par travailler seule, par voler en rêve, par se mouvoir sans se soucier de moi. C'est le motif pour lequel il m'arrive souvent cette chose très ridicule d'admirer avec ma tête un travail fait par ma main. Je voudrais mourir, victime de la poésie comme certains docteurs des rayons X, sûr d'avoir engagé toute ma substance dans mon œuvre et de n'avoir rien mis de côté pour vivre confortablement un jour. Les grincheux se plaindront d'une suite de dessins analogues et trouveront l'ensemble monotone. Qu'ils ferment le livre. Desbordes dort beaucoup. Un dormeur est le modèle des modèles. On risque en le copiant avec patience de copier l'élément où il baigne et de portraiturer, sans préméditation, l'atmosphère du songe. »  


   Jean Cocteau



6 janvier 2016

ressemblance




Portraits de Gertrud Müller par Ferdinand Hodler 


« la ressemblance doit être entière et saisissante »

   Ferdinand Hodler




4 janvier 2016

Paris sur toile



 


Photographies et site de Valérie Rosset

1 janvier 2016

aucune règle

Jean Cocteau, mis en scène par le photographe Philippe Halsman 


« Dieu merci, je ne connaissais pas les règles de la photographie ! Les eussé-je connues, je n'aurais pas été aussi créatif. Il y a trop de règles ! Comme en peinture, il faudrait qu'il n'y ait aucune règle. Le photographe devrait être complètement libre de faire ce qu'il veut ! »   



Philippe Halsman

29 décembre 2015

sans superstition d’exactitude

Grève blanche, 1913 



Soirée au bord de la Loire, 1923 



«  Je rêve d’une peinture dégagée de tout respect littéral de la nature, je voudrais reconstituer des paysages sur le seul recours de l’émotion qu’ils m’ont causée, quelques grandes lignes évocatrices, un ou deux détails choisis, sans superstition d’exactitude d’heure ou d’éclairage. »   



Félix Vallotton



Le péché de Prométhée





Balzac par Rodin 


« La sculpture est comme l’art dramatique, à la fois le plus difficile et le plus facile de tous les arts. Copiez un modèle, et l’œuvre est accomplie ; mais y imprimer une âme, faire un type en représentant un homme ou une femme, c’est le péché de Prométhée. On compte ce succès dans les annales de la sculpture comme on compte les poètes dans l’humanité. » 

 Honoré de Balzac


19 décembre 2015

une seule main



 Quel est le bruit d'une seule main qui applaudit ?    


Kôan Zen

18 décembre 2015

La vie est un miroir



Johannes Gumpp, autoportrait au miroir, 1646


autoportraits au miroir


La vie est un miroir
Se reconnaître en lui, 
Tel est pour ainsi le nommer, le désir premier,
Auquel nous ne faisons qu'aspirer. 

 Friedrich Nietzsche

12 décembre 2015

Die Hand handelt




« Die Hand handelt. Sie behält in der Sorge des Handeln, das Gehandelte und Behandelte. » 

« La main manie, elle se constitue comme souci de ce qu'elle manie et de ce qu'elle a manié. »   


23 novembre 2015

L'enlèvement d'Europe

L'enlèvement d'Europe par Félix Vallotton, 1908 


... Cependant Europe moins timide, porte sur sa poitrine une main douce et caressante. Elle pare ses cornes de guirlandes de fleurs. Ignorant que c'est un dieu, que c'est un amant qu'elle flatte, elle ose enfin se placer sur son dos. Alors le dieu s'éloignant doucement de la terre, et se rapprochant des bords de la mer, bat d'un pied lent et trompeur la première onde du rivage; et bientôt, fendant les flots azurés, il emporte sa proie sur le vaste océan. Europe tremblante regarde le rivage qui fuit; elle attache une main aux cornes du taureau; elle appuie l'autre sur son dos; et sa robe légère flotte abandonnée à l'haleine des vents.   



Ovide



20 novembre 2015

Les souliers de Van Gogh



Souliers, par Vincent Van Gogh 1886 


« Dans l’obscure intimité du creux de la chaussure est inscrite la fatigue des pas du labeur. Dans la rude et solide pesanteur du soulier est affermie la lente et opiniâtre foulée à travers champs, le long des sillons toujours semblables, s’étendant au loin sous la bise âpre. Le cuir est marqué par la terre grasse et humide. Par-dessous les semelles s’étend la solitude du chemin de campagne qui se perd dans le soir. À travers ces chaussures passe l’appel silencieux de la terre, son don tacite du grain mûrissant, son secret refus d’elle-même dans l’aride jachère du champ hivernal »   



Martin Heidegger

29 octobre 2015

respecter les dieux


Musashi Miyamoto avec deux bokken, estampe de Utagawa Kuniyoshi 

« Il faut respecter les dieux et Bouddha mais ne rien attendre d’eux »   


Musashi Miyamoto