26 août 2016

prendre le peintre pour modèle

Nature morte aux pommes, par Félix Vallotton, 1910 




« Si les objets des natures mortes – mettons: les pommes – étaient conscients et savaient parler, quels vivants et indiscrets portraits des peintres ils pourraient faire ; car ils connaîtraient leur regard dans l'action, et leurs passions, et leurs manies. Si l'œil du peintre saisit un secret des choses, ces choses, ayant soutenu le regard du peintre alors qu'il se croyait seul et non observé, auraient aussi saisi une part de son secret, ou plutôt de son intimité. Ah ! quel malheur que ce ne soit jamais les choses qui prennent le peintre pour modèle! »

Georges Limbour






Félix Vallotton, autoportrait en robe de chambre, 1914 

25 août 2016

Le triomphe de l'immonde

Conchita Wurst remporte en 2014 le concours de l'Eurovision, une création de l'OTAN 


« La théorie du genre, dans sa forme extrémiste, veut supprimer les notions de famille et de lignée, et déconstruire la société actuelle au profit d’une société d’individus déracinés interchangeables, conformes au besoin de l’économie mondialisée. »   



Yvan Blot

24 août 2016

la race française

Robert Doisneau, Cyclo-cross à Gentilly par RD, 1947 


« Elle en a bien besoin la race française [d’être défendue], vu qu’elle n’existe pas ! (…) La race, ce que t’appelles comme ça, c’est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puçeux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde. Ils ne pouvaient pas aller plus loin à cause de la mer. C’est ça la France et puis c’est ça les Français. »   



Louis-Ferdinand Céline

23 août 2016

Propriété

Maisons à Auvers-sur-Oise, par Vincent Van Gogh, juin 1890 


« Quelle étrange chose que la propriété, dont les hommes sont si envieux ! Quand je n'avais rien à moi, j'avais les forêts et les prairies, la mer et le ciel ; depuis que j'ai acheté cette maison et ce jardin, je n'ai plus que cette maison et ce jardin. »



Alphonse Karr

22 août 2016

La Ciotat

le chantier naval de La Ciotat 


La Ciotat: un tableau de Raoul Dufy dans lequel Fernand Léger aurait peint des grues.  



Sylvain Tesson







La baie des anges par Raoul Dufy, 1927 





Portrait de Brassaï par Fernand Léger, 1950 

21 août 2016

Les morts

La statue de François Arago , transformée en canons par les allemands pendant la 2ème guerre mondiale 





« Les morts sont des invisibles ce ne sont pas des absents. »   

Saint Augustin








20 août 2016

Un monument imaginaire réalisé sur le tracé d'une ligne imaginaire

Médaillon de Jan Dibbets dans une allée du Jardin du Luxembours à Paris ; 
voir ici une description du projet  




« I'm more involved with the process than the finished work of art. The part of my object is untranslated. I think objects are the most usual part of my work. I'm not really interested any longer to make an object.» 














La trace du méridien dans Paris décrite par Chris Molloy ; voir aussi le site de Brizhell  




 

19 août 2016

beautés de style



quatre versions de l'île aux morts (die Toteninsel) d'Arnold Böcklin 



« On soutient que toutes les beautés réelles sont de tous les temps, de tous les pays; oui, les beautés de sentiment et de pensée ; non les beautés de style. Le style n’est comme la pensée, cosmopolite ; il a une terre natale, un ciel, un soleil à lui. »  





18 août 2016

ramage et gazouillement


Chants de l'accenteur mouchet, de la fauvette à tête noire, de la grive musicienne, du pouillot véloce, du pic vert, du pic épeiche, du verdier d'Europe et de la mésange bleue.



« [...] il est de nécessité que tout homme apprenne à lire et à écrire avant d'apprendre à penser. Tout langage est d'abord ramage et gazouillement, comme des oiseaux. »

17 août 2016

Sur l'Hélène de Gustave Moreau



Hélène sur les murs de Troie, par Gustave Moreau 



Frêle sous ses bijoux, à pas lents, et sans voir
Tous ces beaux héros morts, dont pleurent les fiancées,
Devant l'horizon vaste ainsi que ses pensées,
Hélène vient songer dans la douceur du soir.

« Qui donc es-tu, Toi qui sèmes le désespoir? »
Lui râlent les mourants fauchés là par brassées,
Et la fleur qui se fane à ses lèvres glacées
Lui dit : « Qui donc es-tu ? » de sa voix d'encensoir.

Hélène cependant parcourt d'un regard morne
La mer, et les cités, et les plaines sans borne,
Et prie : « Oh! c'est assez, Nature! reprends-moi!

Entends ! Quel long sanglot vers nos Lois éternelles! »
 - Puis, comme elle frissonne en ses noires dentelles, 
 Lente, elle redescend, craignant de « prendre froid ».


   Jules Laforgue




16 août 2016

Portrait de Michel Leiris



Portrait de Michel Leiris , par Lou Laurin-Lam




À main droite
ma manie de manipuler,
démantibuler,
désaxer et malaxer les mots,
pour moi mamelles immémoriales,
que je tète en ahanant.

Murmure barbare, en ma Babel,
tu me tiens saoul sous ta tutelle
et, bavard balourd, je balbutie.

À main gauche, mes machins,
mes zinzins,
mes zizanies,
les soucis (chichis et chinoiseries) qui me cherchent noise,
mes singeries, momeries et moraleries.

Ô gagâchis qu'agacé j'ai sagacement jaugé et tout de go gommé,
 jugeant superfétatoirement enquiquinant son chuchotis ? 

Au milieu le mal mou qui me moud,
me mord, me lime, m'annule,
m'humilie
et que, miel amer, je mettrais méli-mélo à mille lieues mijoter, mariner,
macérer. 

N'a-t-il dit que ce monde dément demande un démenti,
le démon qui m'enmantèle, m'enmêle et me démantèle.  


Michel Leiris


15 août 2016

chardon bleu



« L'été rit, et l'on voit sur le bord de la mer
fleurir le chardon bleu des sables »


14 août 2016

antipodiste



« J'avoue une grande prédilection pour ces numéros d'antipodistes, car le corps y est objectivé en douceur : il n'est pas objet dur et catapulté comme dans la pure acrobatie, mais plutôt substance molle et dense, docile à de très courts mouvements. »

13 août 2016

La Lyre et la Harpe



Allégorie de la vie humaine, Nicolas Poussin, vers 1638 

  « Je me souviens de la joie que me causa la vivration de cette lyre ! (...) Avec les vers d'Hugo je me trouvai d'emblée en communion intime, et, ma nature essentiellement musicale primant le tout, je me mis à les chanter... »  

Camille Saint-Saëns




La Lyre et la Harpe, Ode de Victor Hugo,
 mise en musique par Camille Saint-Saëns 





12 août 2016

La grande aventure


Portrais de Caroline par Alberto Giacometti 


« La grande aventure, c’est de voir surgir quelque chose d’inconnu, chaque jour, dans le même visage. C’est plus grand que tous les voyages autour du monde. »   



Alberto Giacometti

11 août 2016

Retouche à l'écriture




 
blanche est la chambre
lente l'encre



 Daniel Boulanger